Enregistrement du temps de travail obligatoire en 2027
À partir du 1er janvier 2027, chaque employeur belge devrait enregistrer le temps de travail de ses travailleurs. Voici ce que prévoit le texte, qui est concerné et comment vous y préparer.
En bref
- Dès le 1er janvier 2027, chaque employeur, privé ou public, devrait enregistrer chaque jour le temps de travail réellement presté par ses travailleurs.
- Les employeurs qui n'ont encore aucun système auraient jusqu'au 31 mars 2027 pour en mettre un en place.
- Aucune pointeuse n'est imposée : papier, tableur ou application conviennent, si l'enregistrement est objectif et fiable.
- Certains travailleurs pourraient être exclus, comme la direction, les représentants de commerce, les télétravailleurs et les fonctions mobiles. La liste n'est pas définitive.
- Le texte n'est pas encore voté : les dates et les détails peuvent changer.
Où en est le texte ?
L'obligation vient d'un arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne. En 2019, la Cour a demandé aux États membres d'imposer aux employeurs un système « objectif, fiable et accessible » pour mesurer le temps de travail de chaque travailleur. La Belgique ne l'avait pas encore fait.
- Arrêt de la Cour de justice de l'Union européenne (affaire C-55/18).
- Le gouvernement fédéral décide l'obligation, dans l'accord budgétaire.
- L'avant-projet de loi est soumis pour avis au Conseil national du Travail.
- Le ministre de l'Emploi confirme le calendrier devant la Chambre.
- Le Conseil national du Travail rend son avis sur l'avant-projet : employeurs et syndicats n'y sont pas d'accord (avis divisé n° 2.499).
- Aujourd'hui : le texte n'est ni voté ni publié au Moniteur belge.
- Entrée en vigueur prévue.
- Fin de la période de transition pour les employeurs sans système.
Tant que la loi n'est pas publiée, ces dates restent celles annoncées par le gouvernement. Nous mettons cette page à jour à chaque étape.
Ce que vous devrez enregistrer
D'après l'avant-projet, l'employeur doit mesurer de manière objective et fiable le temps de travail réellement presté par chaque travailleur, par jour et par semaine.
- Le temps réellement travaillé, pas l'horaire prévu. Un planning seul ne suffit pas.
- Pas forcément chaque début, fin et pause. Un système qui part de l'horaire et note seulement les écarts (une heure de plus, un départ plus tôt) pourrait suffire.
- Aucune méthode imposée. Ni pointeuse, ni même outil électronique : le choix vous revient.
- Une conservation probable de 5 ans à partir de l'enregistrement, comme pour les autres documents sociaux.
Le texte ne dit pas encore comment le travailleur pourra consulter ses heures, alors que la Cour de justice parle d'un système « accessible ». Les syndicats le lui reprochent. Le plus prudent est de prévoir que vos travailleurs puissent voir leurs heures.
Et si je ne fais rien ?
Les sanctions ne sont pas encore connues. Mais dès aujourd'hui, un employeur sans relevé fiable se défend mal quand un travailleur réclame des heures supplémentaires : faute de preuve, le tribunal peut le condamner à les payer.
Qui est concerné ?
Tous les employeurs, du secteur privé comme du secteur public, quelle que soit leur taille. Rien n'annonce d'exception pour les petites entreprises. Un indépendant sans personnel n'est pas visé : l'obligation porte sur les travailleurs salariés.
Les exclusions possibles
Selon les secrétariats sociaux qui ont lu l'avant-projet, l'obligation pourrait ne pas s'appliquer aux travailleurs dont le temps de travail ne peut pas être mesuré ou fixé à l'avance, ou qui décident eux-mêmes de leurs horaires :
- le personnel de direction et les postes de confiance ;
- les représentants de commerce ;
- les travailleurs à domicile, télétravailleurs compris ;
- les travailleurs aux fonctions mobiles ou itinérantes.
Vos équipes travaillent sur la route ou sur des chantiers ? On ne sait pas encore qui le texte final rangera parmi les « fonctions mobiles ». Un ouvrier qui suit l'horaire de son équipe n'est pas forcément dans ce cas. En attendant, ne retirez personne trop vite de votre enregistrement, et posez la question à votre secrétariat social.
Les syndicats contestent ces exclusions : la liste peut encore changer.
Ce que vous faites déjà peut suffire
Les systèmes qui mesurent déjà le temps réellement presté, de façon objective et fiable, pourraient être gardés. Partena cite notamment :
- le suivi des horaires flottants ;
- le document de dérogations des travailleurs à temps partiel ;
- les feuilles de prestations et le tachygraphe dans le transport ;
- le système de caisse enregistreuse dans l'horeca ;
- l'enregistrement des présences Checkin@Work dans la construction et le nettoyage ;
- la Dimona spécifique dans l'agriculture, l'horticulture et l'horeca.
Les obligations propres à votre secteur restent en place.
Papier, tableur ou application ?
La loi vous laisse choisir. Ce qui compte : des heures réellement prestées, notées chaque jour, et des corrections qui se voient. Voici les points à comparer pour une équipe qui travaille sur le terrain.
| Méthode | Heures notées | Corrections | Le travailleur voit ses heures | Conservation 5 ans | Équipe sur le terrain |
|---|---|---|---|---|---|
| Feuille papierPresque gratuit | Souvent en fin de semaine, de mémoire | Une rature, sans savoir qui | S'il garde une copie | Des classeurs à archiver | Oui, si la feuille suit |
| TableurPresque gratuit | Au bureau, après coup | Rarement visibles | S'il reçoit le fichier | Des fichiers à sauvegarder | Non, il reste au bureau |
| Pointeuse fixeAppareil et logiciel | À l'arrivée et au départ | Selon le logiciel | Selon le logiciel | Chez le fournisseur | Non, elle reste sur place |
| Application sur téléphoneAbonnement | Sur le moment, où qu'il soit | Gardées dans un historique, selon l'application | Sur son téléphone, le plus souvent | Chez le fournisseur : vérifiez l'export | Oui |
Quel que soit l'outil, vérifiez que vous pourrez exporter vos données et les garder 5 ans, même si vous changez d'outil entre-temps.
Check-list : se préparer en 7 étapes
- Listez vos travailleurs et leurs horaires : fixes, variables, temps partiels.
- Repérez ceux qui pourraient être exclus, sans les retirer trop vite : le texte final tranchera.
- Notez ce que vous enregistrez déjà (document de dérogations, horaires flottants, Checkin@Work) et demandez-vous si c'est fiable.
- Choisissez une méthode qui enregistre le temps réellement presté chaque jour, et dont les corrections laissent une trace.
- Prévoyez la conservation : où seront les données pendant 5 ans, qui y a accès, comment les exporter.
- Informez vos travailleurs : comment pointer, qui voit leurs heures, à quoi elles servent. Demandez à votre secrétariat social si votre règlement de travail doit être adapté.
- Faites un essai avant le 1er janvier : un mois avec toute l'équipe, puis ajustez. Gardez un œil sur le texte, qui peut encore changer.
Check-list tirée du guide pointly.be/enregistrement-temps-de-travail-2027, mis à jour le 3 novembre 2026.
Questions fréquentes
La feuille de temps papier sera-t-elle encore autorisée ?
Oui, d'après l'avant-projet : aucune méthode n'est imposée, et l'enregistrement ne doit pas forcément être électronique. La feuille doit refléter, de façon objective et fiable, les heures réellement prestées chaque jour.
Dois-je acheter une pointeuse ?
Non. Le gouvernement a fait savoir qu'il ne comptait pas réimposer la pointeuse. Un tableur ou une application sur téléphone peuvent convenir.
Mes travailleurs font du télétravail un jour par semaine. Sont-ils concernés ?
Les télétravailleurs, réguliers comme occasionnels, figurent parmi les exclusions prévues par l'avant-projet. Cette exclusion est contestée et peut encore changer.
Je suis indépendant, sans personnel. Suis-je concerné ?
Non : l'obligation porte sur le temps de travail des travailleurs salariés. Si vous engagez un premier travailleur, elle s'appliquera à lui.
Pointly, pour les équipes sur le terrain
Pointly est une application de pointage conçue en Belgique. Chaque travailleur enregistre ses heures du jour sur son téléphone, avec le chrono ou en saisie, pauses comprises, même sans réseau. Il retrouve ses heures dans son calendrier. Vous validez les pointages, chaque modification reste dans l'historique, et vous exportez le rapport du mois en PDF.
Nous suivons le texte de loi et adapterons Pointly à sa version finale.
Sources
- Cour de justice de l'Union européenne, arrêt du 14 mai 2019, affaire C-55/18
- Chambre des représentants, proposition de résolution, DOC 56 1353/001, 5 février 2026
- Conseil national du Travail, communiqué de presse du 30 septembre 2026 (avis divisé n° 2.499)
- Partena Professional, FAQ sur l'enregistrement du temps de travail, 22 septembre 2026 (en néerlandais)
- Securex, « À partir de 2027, l'enregistrement du temps de travail sera obligatoire », 12 mai 2026
- UCM, « Enregistrement du temps de travail : obligatoire dès le 01/01/2027 ? »
- FGTB, « Premiers pas vers l'obligation d'enregistrement du temps de travail »
Cette page résume des informations publiques, à jour à la date indiquée en haut. Ce n'est pas un avis juridique : pour votre situation, adressez-vous à votre secrétariat social.